LIBERTE
Les miradors sans bruit transperçaient vos nuits noires,
Un plumage tacheté vers la lune rêveuse,
Prison de barbelés, indicible cauchemar,
Mais vous êtiez des hommes, silhouettes malheureuses...
Entre nuit et brouillard, vous vous êtes relevés,
Sans pouvoir effacer l'odieuse forteresse
Emprisonnant ensemble conscience et liberté,
Et de vos droits bafoués, demeure la détresse.
Quelles sont ces lourdes chaînes accrochées à vos pieds,
Des bracelets d'erreur forgées par l'arrogance...
Mais vous êtes debout, portés par la fierté,
Et vous avez vécu face à l'intolérance.
Affranchis de l'errance, des tréfonds de la haine,
Vous voilà enfin libres, étranges survivants,
Car votre sang est bleu au travers de vos veines,
Telle l'empreinte glacée d'un passé renaissant.
Vous porterez à l'âme et pour l'éternité
Ces murs criblés de sang comme taches de rousseur,
Mais de vos bras tatoués renaît la liberté
Que vous n'avez cessé de clamer en vos coeurs.